Quand on parle de l’Amazonie, c’est tout de suite le Brésil qui vient à l’esprit. Parfois le Pérou, ou l’Equateur, mais la Bolivie très rarement, et pourtant… La forêt Amazonienne couvre plus de 60% du territoire Bolivien et c’est en Bolivie que se trouve très certainement le parc le mieux préservé de toute l’Amazonie, un véritable joyau. 

La superficie du parc national Madidi est de 18 957 km2. Il est situé dans les provinces Franz Tamayo et Iturralde , au nord-est du département de La Paz. La revue National Geographic le considère comme l’une des plus importantes réserves mondiales de biodiversité de la planète.

   Le parc Madidi se caractérise par l’exceptionnelle richesse de l’écosystème avec une grande variété de faune et de flore. En effet, c’est le plus important réservoir naturel de Bolivie et l’une des plus importantes ressources génétiques de la planète. Le fabuleux paysage naturel est également très diversifié: les terres hautes et les glaciers de la cordillère des Andes, les lagunes de haute altitude, les vallées profondes, les rochers escarpés, les canyons, les chutes d’eau et fleuves aux cours capricieux. L’hydrographie de la zone dépend du bassin amazonien, le sous bassin du fleuve Beni, avec des fleuves importants comme le Madidi, Madre de Dios, le Tuichi, le Heath et Quendeque. Le parc National de Madidi est caractérisé par une exceptionnelle richesse biologique et par sa variété d’écosystèmes. Nous pouvons y dénombrer 4 739 variétés de plantes, 1 370 variétés de vertébrés ainsi que 867 variétés d’oiseaux tropicaux. Le parc est considéré comme étant le plus riche biologiquement en plus d’être protégé d’une manière inégalée dans le monde.

   Trois heures de pirogue à moteur sur le Rio Beni sont nécessaires pour rejoindre la réserve de Serere de la ville de Rurrenabaque. Ce fleuve, le plus large de Bolivie, finit sa course quelques centaines de kilomètres plus loin dans l’Amazone.

   Crée par une Bolivienne ayant également participé à la création du Parc Madidi proche, la réserve en l’état actuel est le résultat d’un long et difficile travail de deux décennies : gageure visant à restaurer un espace au plus près du milieu ambiant initial après avoir déblayé 20 tonnes de déchets suite à diverses exploitations. Le résultat est plus qu’encourageant..!!!

   En cette saison des pluies, après avoir débarqué sur les rives du fleuve, il faut parcourir quelques dizaines de mètres dans une boue profonde et marcher dans des passages inondés avec parfois de l’eau jusqu’à la taille pour approcher de la lisière de la forêt. 

« Très vite, l’atmosphère se fait plus chaude, plus lourde. Les cris des oiseaux résonnent de plus en plus fort. Les arbres s’étirent vers le ciel, la lumière se faufile entre les feuilles et les branches de ces géants sur tronc et des lianes qui les assaillent.

   Bolivienne et propriétaire de la réserve, Rosa Maria vit entre la réserve et Rurrenabaque. On ne se lasse pas de nous raconter la fois où, se baignant dans le lac en face de sa cabane, elle s’est faite attaquer par un caïman. Zenon comme les autres guides qui travaillent ici, est membre d’une communauté qui borde le fleuve. Depuis vingt ans, il passe le plus clair de son temps à parcourir la forêt. Ses sens aiguisés par des années de pratique lui permettent de débusquer le moindre petit animal. Et son père, descendant des tacanas lui a appris à reconnaître et à utiliser les plantes médicinales.

Dans la selva, nombreux sont les groupes de singes Saïmiris (ou singes- écureuils), reconnaissables à leur pelage jaune-crème, qui, par groupe de vingt ou plus, dépouillent en quelques minutes les grappes de fruits suspendues à des dizaines de mètres au-dessus du sol. Leurs cris, le bruissement des feuilles et le craquement des branches indiquent rapidement leur position. Avec un peu d’attention, les oiseaux et notamment le fabuleux Serere, dont la réserve tient son nom, sont aisément visibles. D’autres animaux sont quasiment impossibles à apercevoir. Tel le jaguar et le puma, qui chassent principalement la nuit et qui restent à bonne distance des hommes. En revanche, dès que le soleil se couche, la forêt devient le terrain de prédilection des insectes. Leurs chants envahissent l’atmosphère. Les araignées sortent de leurs cachettes pour s’installer sur leurs toiles et attendre patiemment leurs proies. Au bord des lacs se sont les caïmans qui, immobiles, guettent leur repas.

Le décor de ce théâtre animalier est le monde végétal. Pour être le premier à atteindre les cimes ensoleillées et y déployer son feuillage, les arbres luttent parfois jusqu’à la mort, les lianes grimpent sur leurs flancs jusqu’à ce que leur poids fasse chuter leur hôte dans un vacarme assourdissant. Rien ne se perd, le moindre rayon de soleil apporte son énergie à des dizaines d’espèces en même temps, fournissant ainsi matière aux colonies de fourmis et autres insectes. Ces derniers nourrissent les petits mammifères, qui sont la proie des oiseaux et des plus féroces carnivores

Mais pour la forêt aussi l’homme reste le plus grand danger. Chasse, déforestation et pollutions en toute sorte réduisent chaque année la superficie et la population de la forêt amazonienne. A seulement quelques kilomètres de la réserve Serere, les prospections minières ravagent des terres autrefois vierges, les rejets de ces industries et les déchets des villes polluent les eaux et tout ça avec l’appui des politiques locaux. »

Texte en partie emprunté aux journalistes Caroline Pothier & Grégory Salomonovitch

Pour en savoir plus sur Madidi Travel et les séjours dans la Réserve Serere : http://madidi-travel.com